16. Dezember 2016 · Kommentare deaktiviert für „Le silence d’Alger“ · Kategorien: Algerien · Tags:

Quelle: Algeria Watch | 14.12.2016

Le traitement réservé au dossier des immigrés africains a fini par prendre des proportions inquiétantes. L’Algérie est accusée d’avoir agi sans discernement et avec des méthodes parfois violentes lors du rapatriement des Africains, notamment des Maliens et des Nigériens, vers leur pays d’origine.

Abla Chérif – Alger (Le Soir) – L’affaire a en fait commencé à prendre de l’ampleur au lendemain des violences qui ont éclaté, il y a près de deux semaines, dans un quartier de Dely-Brahim où la population, dit-on, s’est soulevée contre des réfugiés établis dans un domicile à Bouchbek.

L’évènement en lui-même avait choqué de par la violence dont ont fait preuve les citoyens de cette localité à l’encontre des Subsahariens qu’ils accusaient de mœurs contraires aux traditions de notre pays. Avec hargne, des jeunes ont encerclé de nuit la demeure des mis en cause ne leur laissant ainsi aucune issue au moment où ils ont entamé une opération de lapidation en règle, projetant des coups de pierre qui auraient pu faire plus d’une victime si les éléments de la gendarmerie n’étaient pas intervenus à temps.

Selon les témoignages que nous avions alors recueillis auprès des riverains, l’alerte avait été donnée par des citoyens sidérés par ces scènes d’une rare violence. Le boucan provoqué par cette histoire avait d’ailleurs attiré l’attention de la brigade de gendarmerie établie non de là.

Face à la détermination de ces jeunes à en découdre définitivement avec leurs victimes, les forces de l’ordre ont d’ailleurs été contraintes de dresser un dispositif spécial jusqu’au transfert des réfugiés africains vers un lieu dont on ne savait pas grand-chose alors. Visiblement embarrassées par l’éclatement d’émeutes au sein même de la capitale au moment où le pouvoir déploie des sommes d’imagination pour éviter tout dérapage en ces moments fragiles que traverse le pays, les autorités prennent alors la décision de rapatrier les immigrés africains.

Cette décision semble aussi répondre à un souci pressé de mettre fin à une situation qui risque de faire boule de neige à travers plusieurs wilayas où se concentrent les Africains et éviter ainsi que les tristes spectacles observés il y a quelques mois à Tamanrasset, Ouargla, Béchar, où des morts ont même été enregistrés lors d’attaques surréalistes contre ces réfugiés.

Officiellement, l’opération de rapatriement devait se limiter aux personnes en situation irrégulière. Très vite, elle s’étend cependant à tous les immigrés.
Les scènes d’arrestations se multiplient à travers la capitale. Des chiffres publiés par la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (LADDH) indiquent que près de «1 400 migrants ont été arrêtés au cours de la seule journée du 1er décembre». La même source indique que des «femmes enceintes, des bébés, des enfants et des malades se trouvent parmi eux» et qu’ils ont été conduits vers un centre d’été à Zeralda.

Certains, poursuit un communiqué de la Laddh, «sont en situation irrégulière, d’autres sont demandeurs d’asile». L’organisme de défense des droits de l’Homme dénonce «les conditions désastreuses et indignes, la rétention arbitraire et violente de ces personnes» et accuse les autorités algériennes de «bafouer les normes internationales relatives aux droits des réfugiés demandeurs d’asile et de migrants».

Hier, une dépêche de l’Agence France Presse fournissait davantage de détails sur la question. Le correspondant de cette agence à Bamako annonce que plus de 260 Maliens ont été expulsés d’Algérie dans la nuit de dimanche à lundi et que «parmi eux un grand nombre accusent les services de sécurité de violences contre les réfugiés».

Se basant sur des témoignages recueillis, l’AFP fait part de «blessés, voire de morts» parmi les réfugiés. Le reste se plaint des conditions atroces (comme la privation d’eau et de nourriture) ayant précédé leur transfert vers Bamako ou au Niger.

Des associations maliennes pour la défense des droits de l’Homme ont exigé de leur gouvernement l’ouverture immédiate d’une enquête pour vérifier les témoignages des victimes. Amnesty International en fait de même. Hier, Alger n’avait pas encore réagi aux graves accusations dont elle fait l’objet de part et d’autres. Le fera-t-elle ?

Le silence des autorités, y compris celui du Croissant-Rouge algérien qui a supervisé l’opération depuis son déclenchement, ne fera qu’accentuer le doute sur une affaire délicate qui risque de clouer, une fois de plus, l’Algérie au pilori en matière de droits de l’Homme. Pour l’instant, ne résonnent que les propos incroyables de Farouk Ksentini. Dans une récente déclaration à un journal arabophone, El-Sawt El-Akhar, le responsable de la Commission nationale et consultative de promotion et de protection des droits de l’Homme (CNCPPDH) créée par décret présidentiel a affirmé que «la présence des migrants et des réfugiés africains dans plusieurs régions du pays peut causer plusieurs problèmes aux Algériens».

Selon lui, «ces migrants ont propagé plusieurs maladies, dont le sida, en Algérie (…) certains se livrent à la mendicité, un délit puni d’emprisonnement ou d’amende par la législation algérienne (…) le gouvernement doit actionner la justice contre les migrants mendiants».

A. C.

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