La tension monte d’un cran à Laghouat
Les chômeurs excédés par le harcèlement judiciaire

Pour avoir organisé un sit-in devant le bureau de main-d’œuvre local, 23 chômeurs de Laghouat sont accusés «d’attroupement illégal, d’incitation à attroupement et de destruction de biens d’autrui». Les peines requises pour des faits, somme toute, mineurs vont d’une année à 5 ans de prison ferme.
Laghouat. De notre envoyé spécial
Les chômeurs du Sud ont battu le rappel des troupes. Ils sont venus de Ouargla, Oued Souf, Ghardaïa, El Bayadh, Oued Rhiou, Relizane et Touggourt pour apporter leur soutien à leurs camarades qui ont comparu, hier, devant le juge du tribunal de Laghouat. Ils ont dû racler leurs fonds de poche pour se payer un billet de bus et le seul sandwich de la journée, mais ils sont là à donner de la voix, de bon matin, en face d’un tribunal transformé en forteresse imprenable par des escouades de policiers au regard soupçonneux et scrutateur.
Pour le gîte, la solidarité s’est organisée à leur arrivée, la veille au soir. Chaque chômeur de Laghouat a pris en charge un ou deux camarades d’infortune.
Les autorités algériennes ont décidé de creuser un fossé sur la ligne de frontière avec la Tunisie, pour empêcher les opérations de transit de contrebande et autres. Au niveau de la zone d’Ain Laâlag, située au gouvernorat du Kef, les autorités tunisiennes sont intervenues pour arrêter cette opération pour cause de dépassement dans le territoire tunisien. Contactée, la police des frontières tuniso-algériennes, a été compréhensive et a procédé au bouchage de la partie du fossé positionnée sur le territoire tunisien.
