Le Monde, 30 mai 2013
Saharonim, le stigmate carcéral d’israël
L’Etat admet que la loi a un impact négatif sur la liberté des immigrants africains illégaux, mais il estime que c’est“ pour la bonne cause „. Qui plus est, cet amendement à la législation de 1954 sur la “ prévention de l’infiltration “ est conforme “ aux valeurs de l’Etat d’Israël en tant qu’Etat juif et démocratique „. En un mot, il est constitutionnel et“ raisonnable „. La “ raison „, c’est le fait que le pays ne pouvait plus supporter de devenir un “ centre d’attraction “ pour les milliers d’Africains, hommes, femmes et enfants, qui arrivaient chaque mois du Sinaï.
La parade, introduite en 2012 par cet amendement, a été de les entasser dans le centre de détention de Saharonim, situé à 3 kilomètres de la frontière égyptienne, près de Nitzana, dans la fournaise du Néguev. Pendant une “ période illimitée „, mais qui ne sera pas inférieure à… trois ans. Sans procès. A moins, bien sûr, qu’ils acceptent de retourner d’où ils viennent. Passé ce délai, leur mise en liberté pourra être “ envisagée “ par un juge. C’est une loi que les associations humanitaires considèrent comme scélérate, mais elle a sa logique : il s’agit, par ce traitement punitif, de dissuader d’autres candidats attirés par l’eldorado économique qu’incarne à leurs yeux l’Etat juif.
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