Mitglieder der tunesischen Regierung sind mitsamt Staatssekretären seit dem 02.12.2012 in Algier auf Regierungsbesuch. Von algerischer Seite wird Tunesien aufgefordert, in gemeinsamen Projekten die tunesisch-algerische Grenze aufzurüsten. Auf lokaler, regionaler und nationaler Ebene sollen bilaerale Arbeitsgruppen gebildet werden, die den Aufbau einer schärferen Grenzsicherung vorantreiben sollen.
Einen wichtigen Text zum Aufstand in der tunesischen Stadt Siliana hat der Schriftsteller Ben Brik geschrieben. Er schildert die absurden Grausamkeiten der polizeilichen Spezialeinheit: Sie sind in einen Operationssaal eines Krankenhauses eingebrochen und haben dort Patienten misshandelt, sie sind in ein Frauen-Hammam eingebrochen, sie sind in die Häuser eingebrochen und haben die Frauen vor den Augen ihrer Familienmitglieder misshandelt, und sie haben bewusst mit Bleikugeln auf die Augen der Demonstranten geschossen. – Der Aufstand hat sich rund um die Stadt Siliana ausgebreitet, um auch in Dörfern und kleinen Siedlungen Mini-Fronten gegen die Polizei zu eröffnen, um sie zum Abzug aus Siliana zu zwingen. Barrikaden in der gesamten Region Siliana. Siliana könnte das Sidi Bouzid der Ennahda-Regierung werden, so Ben Brik.
http://www.slateafrique.com/99365/les-revoltes-organiques-de-siliana-revolution-sidi-bouzid-tunisie
Tunisie: Siliana, la ville qui peut faire chuter Ennhada
La grève générale de Siliana vue par Taoufik Ben Brik. L’écrivain tunisien se demande si cette ville est en train de devenir le Sidi Bouzid d’Ennahda?
Vendredi saint, 30 novembre. Siliana, chef lieu du centre ouest céréalier, en est à son troisième jour de grève générale. Une grève générale qui a ébranlé la Tunisie entière.
Même des bourgades habituellement «nonchalantes», Hammamet, Monastir, Jerba, ont manifesté avec brio et brouhaha leur soutien. Toutes les organisations et les partis d’opposition sont sur le pied de guerre. La presse est unanime. «Drame à huis clos», titre le journal La Presse, organe gouvernemental.
Répression aveugle
La Tunisie sous le choc. A «Dégage» au gouverneur de Silinana, neveu d’Hammadi Jebali, chef du gouvernement (même s’il le nie), la Securitate et bras de répression d’Ennahdha, a lancé une véritable expédition punitive contre ces «fauteurs de trouble», ces «contre-révolutionnaires», ces «nostalgiques de Ben Ali et Leila Trabelsi».
«Dégage n’a plus droit de cité, au temps d’un gouvernement légitime. Je dégage bien avant que le gouverneur dégage», menace grosso modo Jebali.
«Pour les beaux yeux d’un gouverneur, on a arraché les yeux aux jeunes manifestants de Siliana», dénonce le très bavard Habib Jouini, dit Zico, originaire de Siliana.
Carnage légitime. Silence, on aveugle en toute légitimité.
En trois jours, plus de 250 manifestants criblés de chevrotine, 22 touchés en pleins yeux.
«Toucher aux yeux c’est le summum de la cruauté. C’est l’instant où l’humanité chavire dans les ténèbres», pour paraphraser Cormac McCarthy, le dernier géant de la littérature mondiale, toujours vivant.
«Les yeux… visez les yeux…», ordonne un gradé à des policiers novices nouvellement recrutés et heureux de «casser» du Siliani.
«C’est comme si toute la police du pays qui a débarqué à Siliana», lâche Mounir Sakraoui, syndicaliste.
Du Kef, de Zaghouan, de Nabeul, de Jendouba, de Béja, de Tunis, blindés, garde nationale, brigade d’intervention rapide, ont rappliqué, en renfort, pour mater les insurgés. Tirs de balles réelles, bombes lacrymogènes, matraques, fusils de chasse, violation de domicile nocturne et collective, bastonnade, ratonnade, chasse à l’homme et chevrotine…
«Trente policiers cagoulés et enragés ont investi le bloc opératoire de l’hôpital et malmené des patients. Du jamais vu », rapporte Dr Hassen Manai.
Même le hammam des femmes a été pris d’assaut par une horde de tuniques noires.
Ô mon Dieu, pourquoi?
Un homme interpelle Dieu. Un homme se tourne vers Dieu et se plaint contre la cruauté de ses créatures. Un homme s’étale sur la caillasse, hurle sa douleur :
«ya rabi, ya rabi âlech, Ô mon Dieu, Ô mon Dieu, pourquoi… pourquoi».
Tout autour une foule bigarrée et survoltée reprend en chœur: «Ya rabi … ya rabi…» L’homme, Am Taieb, la soixantaine avancée, la tête dégarnie et la pauvreté qui se lit sur les yeux, pleure à chaude larme:
«Ils nous canardent avec des fusils de chasse… Ils nous prennent pour du gibier, ils nous gazent dans notre sommeil.»
Une femme âgée et tout de noir vêtue se lamente:
«Mon fils, Wildi, est bousillé… Ils n’a plus de dents, plus de z’yeux… Il priait à la mosquée… Ya rabi Alech…»
Pourquoi, Ô Dios. Siliana meurtrie, Siliana bafouée, Siliana profanée… Pourquoi? Pour rien. Sans motif. Sans casus belli. Pour une grève générale pacifique. Aucun lampadaire tombé, aucune vitre cassée, aucun établissement public envahi.
«Manifestation paisible et en bon ordre», dit Bilel Lounissi qui vient de perdre un œil… «gratuitement».
«A cause de la bêtise animale des policiers», renchérit Ammar Adi, autre estropié.
«Ils insultent les femmes. Ils se déshabillent devant elles et nous montrent leur sexe. Ils pissent à même le sol, à l’intérieur de nos maisons. Ils tiennent les femmes devant leur mari, ouvrent de force leur bouche et leur crachent dedans, avec un torrent de mots orduriers», raconte, non sans dégoût, Khalti Mounira, une femme âgée qui a eu sa dose de chevrotine.
Théorie du complot
«On l’accuse d’avoir lu Mao Tsé Toung», ironise Jamel, son fils cadet, un numéro. Une Hogra qui me rappelle la démence des conquistadors espagnols et portugais dans Aguirre, la colère de Dieu de Werner Herzog, et les Révoltés du Bounty de Lewis Milestone.
Bien sûr, dans la tête de nos décideurs new-look, «made in Qatar», médisent les langues de pute, trotte toujours un complot. Pour eux, «preuve à l’appui», c’est Chokri Belaid et Hamma Hammami, deux figures de la gauche tunisienne, qui manipulent les Silianii, moyennant un peu de Bakchich.
Blessé dans son orgueil, comme tous les Silianii par ailleurs, Néjib Sebti le flegmatique secrétaire général de l’Union régionale des travailleurs tunisiens et néanmoins principal organisateur de l’insurrection, dénonce:
«On veut même nous enlever la capacité d’organiser une grève générale. Ils veulent nous salir, nous présenter sous une image de gens mineurs téléguidé par des tuteures manipulables qu’on peut sadoyer à volonté…»
S’organiser, faire face à l’hostilité, déjouer l’adversité, les Silianii «l’ont tété depuis leur prime enfance et l’ont étudié comme si c’était des beaux arts.»
Les brigades rouges de Siliana
Arrière-petits fils de Takfarinas et d’Annibal Barca (C’est à Zama qu’ Annibal a croisé le fer pour la dernière fois avec les légions romaines), les Siliani ont stoppé avec brio l’hostilité de la police.
Toutes les bourgades du gouvernorat, Makthar, Gâafour, Bourada, Sidi Bourouis, Lakhwet, Laaroussa, Kisra, Rouhiya, Bargou, El Krib ont ouverts de mini-fronts pour desserrer l’étau sur Siliana et attirer la police et disperser leur force.
Toutes les routes qui mènent à Siliana sont parsemées de barrages de fortunes, faites de pierres, d’arbres et de carcasses de voitures calcinées. Barrages gardés, contre toute attente, par des gamins terribles, intransigeants qui prennent à cœur leur mission d’apprenti Jedi, de jeunes Padawan.
«Mieux que des révoltés à l’improviste, les Siliani se sont métamorphosés en de véritables hommes organiques à la Gramsci, structurant à merveille leur soulèvement politique», m’explique mon frère Jalel, porte parole de la Ligue ouvrière de gauche, parti trotskiste et proche ami du sous-commandant Marcos.
30 novembre, 11 heures, je sillonne l’interminable avenue de l’environnement, principale et unique artère de la ville, après trois heures de route cahoteuse, de panne et de négociations avec les gamins barragistes. Un air d’After Day règne sur le macadam.
Peuple de Siliana dégage!
Pas âme qui vive. Commerces fermés, voitures stationnées, polices démobilisées. On dirait un magnétophone débranché. Les Siliani ont décidé de se retirer de la ville, la laissant aux mains des envahisseurs.
«Le gouverneur refuse de déguerpir, c’est au peuple de Siliana de dégager.»
Un cortège funèbre, en guise de méga-marche, sur dix kilomètres en dehors de la ville, direction le cimentière de Sidi M’ssayed, pour enterrer deux cadavres exquis: Hammadi Jebali et son neveu de gouverneur.
Un serpent de 30.000 têtes, ivre et fier qui chante a tue tête et danse sous le rythme endiablé de «Targ Essid», chant montagnard et belliqueux des insoumis de la Numidie profonde. Siliana indomptable.
Tard, dans la nuit lumineuse et précieuse de Siliana, El cartouche continue de faire des youyous et les pierres de prendre les policiers pour stand de tirs. Pour le retour, j’ai dû prendre des routes de traverse.
Tous les chemins qui mènent à Tunis sont transformés en champs de batailles. Les combats font rage. Dernière nouvelle du front Ouest: Bargou, Gâafour, El Krib proclament la grève générale…c’est l’entrée de la cinquième armée du général Patton. Hourra… Hourra…Hourra… Y viva La Révoluçion.
Taoufik Ben Brik
Der tunesische Innenminister Ali Larayedh hat am 01.12.2012 in Italien von der italienischen Innenministerin Anna Maria Cancellieri ein Anti-Harragas-Geschenk bekommen: Zwei Patrouillenschiffe P350, 35 Meter lang und im Wert von 16 Mio Euro, für die Tunesische Nationalgarde, für den „Kampf gegen die klandestine Migration und zur besseren Überwachung der tunesischen Küsten“. Ein drittes Patrouillenschiff im Wert von 6 Mio Euro wird die italienische Regierung der tunesischen Regierung in Kürze übergeben. Die Geschenke gehen auf ein Abkommen zurück, dass die tunesische Übergangsregierung Essebsi mit Berlusconi im Mai 2011 abgeschlossen hat. Zuvor wurden aufgrund dieses Abkommens bereits vier italienische Patrouillenschiffe an Tunesien übergeben.
Einige Demonstranten aus Siliana, auf die polizeiliche Eliteeinheiten der tunesischen Aufstandsbekämpfung mit Blei- und Schrotkugeln geschossen haben, erkärten, dass sie juristisch gegen diese Polizisten vorgehen wollen.
Die Regierung hat mit der Aufstandsbekämpfung in Siliana, und auch mit Ansprachen des Innen- und Justizministers, eine Arroganz der Macht offenbart, die in ihren surrealen Ausdrucksformen Ähnlichkeiten mit dem Ben-Ali-Regime aufweist. Zu der Zeit, in der Fotos über grauenhafte Schussverletzungen in den Neuen Medien zirkulieren, behauptet die Regierung, dass Schrotverletzungen ziemlich harmlos seien. Während die markantesten Unmutsäusserungen im Aufstand von Alten, Frauen und Heranwachsenden vorgetragen werden, verortet die Regierung die Akteure bei Betrunkenen und einer unsichtbaren „dritten Hand“.
Lediglich Übergangspräsident Moncef Marzouki hat mit seiner Ansprache die Regierungs-Tore zu Verhandlungen geöffnet. Wahrscheinlich wird die Regierung aufgrund deer Auswirkungen des Siliana-Aufstands und der Anspannungen in Erwartung des 2. Jahrestag des Revolutionsbeginns (17.12.2010) fallen.
htttp://www.shemsfm.net/fr/actualite/siliana-les-blesses-par-balles-veulent-traduire-en-justice-leurs-agresseurs?id=30616
Video Reportage de Ghassem Gacem und Aymen Ben Tara vom 29. und 30. November 2012
http://lewesternculturel.blogs.courrierinternational.com/archive/2012/12/03/tunisie-deux-jours-a-siliana.html
Samstag, 08.12.2012
La Folle de Toujane
18.00 Uhr
La Folle de Toujane ou comment on devient un ennemi de l’interieur
Die Irre von Toujane oder wie man ein Feind im Innern wird
TUN/F 1974, P: Unité de Production Cinématographique de Bretagne, R: René Vautier, Nicole Le Garrec, K: Pierre Clément, Yann Le Masson, René Vautier, Mitwirkende: Gilles Servat, Micheline Welter, 142’ OmU
La Folle de Toujane ist Vautiers zweiter und letzter langer Spielfilm. Er erzählt die Geschichte von Roger (gespielt von dem bretonischen Sänger Gilles Servat), der die Bretagne verlässt, um als Lehrer nach Tunesien zu gehen. So trennt sich sein Weg von dem seiner Jugendfreundin Gwen, die in Paris eine Karriere beim Radio verfolgt. Gwen bleibt als gelangweilte Stimme aus der Metropole weiter präsent, doch Rogers Erfahrungen mit den (post)kolonialen Strukturen schieben sich zwischen die beiden. Der Krieg in Algerien wird auch in Tunesien spürbar. Roger versucht, einer traumatisierten, irre gewordenen Frau zu helfen und scheitert furchtbar. Er gesteht sich ein, dass er nur leben, kämpfen, etwas verändern kann – chez soi, das heißt dort, wo er sich zuhause fühlt. In der Bretagne soll ein Truppenübungsplatz eingerichtet werden. Der Rückkehrer Roger findet sich in einem Kampf gegen die Resignation der Dorfgemeinschaft wieder.
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Ohne Genehmigung
Die Filme von René Vautier. Cinéma militant, Internationalismus, anti-koloniale Kämpfe.
Berlin, Zeughaus Kino, Unter den Linden 2 (Eingang Spreeseite) 06.12.2012
La distribution de pain (ex: Réfugiés algériens en Tunisie)
Brotverteilung (ex: Algerische Flüchtlinge in Tunesien)
ALG/F 1957/2011, P: Hedy Ben Khalifat, R: Cécile Decugis, Schnitt und Text (2011): Cécile Decugis, 14‘ OmU
Anfang 1957 wurde auf Weisung des französischen Armeeministers entlang der algerisch-tunesischen Grenze ein elektrifizierter Grenzzaun mit Verminung errichtet, die sogenannte „Ligne Morice“ – eine verbotene Zone. Im Juni 1957 drehte die spätere Nouvelle-Vague-Cutterin Cécile Decugis mit Unterstützung des tunesischen Roten Halbmonds eine genaue Reportage über die Lage der Flüchtlinge. Der Ton ging verloren, Decugis hat 2011 eine neue Textfassung erstellt.
In der Zeitschrift „Hinterland“ Nr. 21 (03.12.2012) schreibt Marvin Lüdem ausführlich zum Lager Choucha in Tunesien. Er verbindet seine Reportage mit einer Analyse des EU-Grenz- und Lagerregimes angesichts der Arabellion.
Vollständiger Artikel:
The Food Crises and Political Instability in North Africa and the Middle East
Marco Lagi, Karla Z. Bertrand, Yaneer Bar-Yam
(Submitted on 11 Aug 2011)
Social unrest may reflect a variety of factors such as poverty, unemployment, and social injustice. Despite the many possible contributing factors, the timing of violent protests in North Africa and the Middle East in 2011 as well as earlier riots in 2008 coincides with large peaks in global food prices. We identify a specific food price threshold above which protests become likely. These observations suggest that protests may reflect not only long-standing political failings of governments, but also the sudden desperate straits of vulnerable populations. If food prices remain high, there is likely to be persistent and increasing global social disruption. Underlying the food price peaks we also find an ongoing trend of increasing prices. We extrapolate these trends and identify a crossing point to the domain of high impacts, even without price peaks, in 2012-2013. This implies that avoiding global food crises and associated social unrest requires rapid and concerted action.
Cite as: arXiv:1108.2455 [physics.soc-ph]
(or arXiv:1108.2455v1 [physics.soc-ph] for this version)
From: Yaneer Bar-Yam [view email]
http://arxiv.org/abs/1108.2455